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Après le colloque des 15 et 16 juin

ToutEduc sur la table ronde Recherche et décisions politiques

https://t.co/cvwrM9fPOx ( synthèse de l’intervention de Najat Vallaud Belkacem)

La lettre de ToutEduc, du 13 au 20 juin
EDITORIAL. Najat Vallaud-Belkacem a pris la parole pour la première fois depuis qu’elle a quitté le ministère de l’Education nationale à l’occasion du colloque de l’IREA, l’institut de recherche du SGEN-CFDT. Sans jamais le citer, elle a sévèrement taclé son successeur, au nom de ce qu’il revendique, des choix politiques éclairés par la science. Elle liste les mesures prises sous la précédente mandature, semaine de 4,5 jours, création du Cnesco, nouveaux programmes par cycles, scolarisation précoce, "plus de maîtres que de classes", lutte contre le décrochage scolaire, réforme du collège, mesures pour favoriser la mixté sociale au collège, et à l’inverse, elle dénonce le retour à la semaine de 4 jours, l’éloge du redoublement, le dispositif "devoirs faits"... Chacun jugera, dira que "c’est de bonne guerre", développera un contre argumentaire... Ce n’est pas le rôle du journaliste.
Il est en revanche de son rôle de constater que deux ministres qui mènent des politiques, à bien égards contraires, ont tous deux affirmé l’importance de la science. Plusieurs des membres du Conseil scientifique constitué par Jean-Michel Blanquer, à commencer par Stanislas Dehaene, étaient d’ailleurs déjà consultés par Najat Vallaud-Belkacem (voir notamment ToutEduc ici). La science, parfois incarnée par les mêmes hommes, est donc appelée à légitimer des choix différents, ce qui pose questions, à la fois sur "la" science et sur la distance entre expertises et choix politiques, idéologiques.
Mais deux autres problèmes se posent. Comment ces choix, quelque jugement qu’on porte sur leur opportunité, peuvent-ils influer sur les pratiques des enseignants dans leur classe ? Et comment les innovations et les intuitions des enseignants, les solutions qu’ils adoptent face aux réalités changeantes de leurs classes, peuvent-elles influer sur les programmes de recherche ? Ce colloque a été l’occasion de mettre en exergue le travail mené par l’Institut Carnot de l’éducation, qui met en relation les demandes des uns et des autres. Mais les logiques des uns et des autres sont-elles compatibles ? Un chercheur doit, pour l’observer, isoler un phénomène, évaluer l’efficacité d’une pratique au regard d’objectifs pré-définis, alors qu’un enseignant évolue dans un milieu infiniment complexe, et vise des objectifs multiples, dont il n’a d’ailleurs pas toujours clairement conscience. Les sciences doivent éclairer les pédagogies, c’est évident, mais une fois posé le principe, tout reste à faire...




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